André CANE, né le 25 Octobre 1908 à Airole dans la vallée de la Nervia entre Breil et Vintimille, s'en est allé le 2 Août 2006 à Saint Jean Cap Ferrat.
Historien du Countea de Nissa et tout particulièrement des trois Communes qui composaient l'ancienne Villefranche (Beaulieu sur mer dont il a créé le Blason, Saint Jean Cap Ferrat où il a fini ses jours, et Villefranche sur mer dont il aimait tant l'Histoires et les pierres)

Quelques oeuvres d'André CANE :

• Quelques aspects de la lutte contre les Barbets dans la vallée de la Nervia, 1942, 42.
• Villefranche au milieu du XVI° siècle d'après les comptes communaux, 1957, 3.
• Giroumin e Bergida si maridoun 1971, 125.
• Document sur l'activité des barbaresques à Villefranche au XVI° siècle, 1972, 33.
• La population de Villefranche au XVI° siècle, 1974, 163.
• Histoire de Villefranche-sur-mer et de ses anciens hameaux de Beaulieu et de Saint-Jean Belisane Nice. - 519 p.
• David-Désiré Pollonnais, premier conseiller général du Canton de Villefranche après le rattachement du Comté de Nice a la France (1860-1902), ancien maire de Villefranche (1874-1900)- 1978, 159.
• Un souverain sur la Côte d'Azur: Léopold II roi des Belges, 1982, (juil/sept), p.102-118.
• Dans le sillage de la reine Victoria, Lord Salisbury à Villefranche-sur-mer, 1984, (avril/juin), p.47-
• Recueil de vieux mots dialectaux villefranchois: A à coh, 1986,(janv/mars), p.26-30 Coi à gaz, 1986, (avril/juin), p.56-59 Ger à par, 1986, (juil/sept), p.97-99. Pas à solier, 1986, (oct/déc), p.121-124. Solir à z, 1987, (janv/mars), p.30-32.
• Chronique niçoise: vai fouora ti gagnà lou pan 1, 1988, (janv/mars), p.30-32.
• Francis, n'as laissat, 1988, (avril/juin), p.61
• Aperçu sur les comptes domestiques et ruraux de la famille de May à Villefranche, 1989 (juil/sept), p.110-117.
• Naissance d'une commune, Beaulieu-sur-mer, 1991, p.125-133.
• Hôtes prestigieux de la Côte d'Azur à la Belle époque : Léopold II, roi des Belges et James Gordon Bennett / André Cane,... - Villefranche-sur-Mer (8 Av. du Maréchal-Foch, 06230 ) : Éd. Un point sait tout, 1995 (06-Carros : Impr. Joubert). - 171 p. : ill., couv. ill. ; 23 cm.
• LéopoldII (roi des Belges ; 1835-1909) -- Résidences et lieux familiers -- France -- Côte d'Azur (France)
• Bennett, James Gordon (1841-1918) -- Résidences et lieux familiers -- France -- Côte d'Azur (France)
• Aspects de la vie quotidienne d'un noble villefranchois pendant la Révolution, les comptes domestiques et ruraux d'Ignace De May, 1793-1797, 1992, p.152-161.
• Oumage à Maurici De Alberti, 1996, p.128.
• Un gran Nissart, Gustàu-Adorfe Mossa, 1996, p.188-191.
• Coura ven lou calabrun, 1996, p.212-216.
• Les comptes de Benoît de May de Villefranche, 1650 - 1687, prêteur sur gages et troqueur, 1999, 73.
CANE (André) et MALAUSSÉNA, (Paul-Louis).
• Adieu à Louis NUCÉRA, 200, p. 165-167.

Extraits de l’homélie du Père Jean-Marie TASCHANN à la Messe de funérailles de Monsieur André CANE.

Nous voici rassemblés nombreux, de Beaulieu, de St-Jean-Cap-Ferrat, de Villefranche sur mer et d'ailleurs pour dire un dernier adieu à André CANE, et entourer de notre sympathie sa fille, son gendre, ses petits enfants et toute sa famille qui est dans la peine. Vous êtes venus manifester tous ces liens de parenté, d'amitié, d’affection, de respect que nous avions avec lui.
J'ai fait sa connaissance dès mon arrivée à Beaulieu en septembre 1995, il m'a encouragé dans mes débuts de curé, et je me rappelle un repas où j'avais pu découvrir sa passion pour l'histoire.

Le père d'André CANE était originaire d'Isolabona, de l’autre côté de la frontière, il était venu à Beaulieu comme simple maçon, et par son travail acharné, avait créé sa propre entreprise du bâtiment:
le jeune André a grandi à Beaulieu, et dès l’âge de 12 ans, a travaillé avec son père, ses parents étaient liés au Docteur JOHNSTON-LEVIS qui s’intéressait à l'archéologie et avait rassemblé des vestiges préhistoriques ou gallo-romains que l'on avait trouvés à Beaulieu, notamment lors de la construction de l’église du Sacré-Cœur.

André CANE c’est passionné par l’Histoire, et c’est formé lui-même, il apprends le latin et le grec, il déchiffre les archives paroissiales et communales de Villefranche, Beaulieu et Saint Jean puis les archives départementales et diocésaines de Nice, les archives d'Etat de Turin, et a écrit ses livres sur l'histoire de Villefranche, de Beaulieu, de St Hospice et de St Jean, ; il était capable, comme le disait l'article de M. SCHAMBACHER dans Nice-Matin, de parler Italien, Niçois, Piémontais, Ligure, Provençal, il était aidé par une mémoire prodigieuse, je me rappelle sa dernière conférence dans la chapelle Sancta Maria de Olivo (qu'il avait restaurée autrefois) : il connaissait par cœur la date de construction de toutes les villas et bâtiments de Beaulieu, le nom des propriétaires et souvent l'histoire des familles; il m'avait raconté, par exemple, que le presbytère de Beaulieu a été construit en 1843; les paroissiens avaient offert des journées de travail, car le curé habitait auparavant une maison assez éloignée, et: il prenait froid l'hiver en venant célébrer la Messe.

Monsieur André CANE a reçu chez lui d'innombrables visiteurs, de tous pays, pour parler de ses recherches, érudit et très attachant, il s’en faisait des Amis : il tissait des liens cordiaux avec beaucoup de gens et était fidèle en Amitié.

Avec son épouse Louise, qui nous a quitté l’an dernier, ils se connaissaient par cœur et s’aimaient tendrement, et parfois si on entendait quelques éclats de voix ils étaient principalement dus à une surdité grandissante et partagée.

Sa passion pour l’histoire et le respect des monuments anciens l’a fait s’opposer efficacement contre certains promoteurs et notamment celui qui voulait détruire la chapelle de l’Ange Gardien, et je me souviens de son immense joie quand le Maire de Villefranche après avoir fait restauré la chapelle m’a invité à y célébrer la Messe, le 2 octobre jour de la fête des anges gardiens, comme elle y était fêtée autrefois.

Il était convaincu de l’importance de connaître le passé, les œuvres des anciens, de tous ceux qui ont vécu et œuvré avant nous, pour mieux conduire nos choix d’aujourd’hui et de demain.

Un arbre a besoin de racines solides, autant que de nouveaux feuillages afin de s’épanouir.
Il écrivait dans l’introduction de son « Histoire de Villefranche » : « De ce passé, plus que jamais, nous avons besoin des salutaires leçons qu’il nous suggère ou nous dicte à travers ceux qui l’ont laborieusement et souvent douloureusement forgé. Et nous ne dirons jamais assez l’éternelle vérité et l’émouvante grandeur des mots, qui ont force d’axiome, gravés sur le seuil d’un cimetière qui nous est cher : MORTUI VIVOS DOCENT : les morts enseignent les vivants »… AMEN !